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Triste réalité qui m’a inspiré ce poème                                                                                

LE CLANDESTIN 
Nuit sans lune.
Il part.
Son cœur s’est arrêté
Dans ce coin du Mali où la mer l’a jeté.
Il n’entend que les vagues déchirées par le vent
Et la voix du passeur qui crie « Et ton argent ? »

Le rafiot est à quai.
Ses frères entassés, voyageurs sans bagages
S’agrippent à l’Espoir, ultime bastingage
De cette traversée longue comme un désert.
La mer, toujours la mer et encore la mer.

Si Neptune est clément, ils atteindront peut-être
Une île solitaire, un rivage, un tertre
Où poser son passé et regarder au loin
Une lueur briller quand il ne reste RIEN.

Et là, face au mektoub, il cherchera en vain
Un souffle, un regard, un geste, un soutien
Quand le vide résonne et qu’il n’y a personne
Pour rassasier sa soif et son corps qui frisonne.

Il rêve à Aïcha, à ses yeux d’insoumise,
A ses seins beaux et ronds comme des pains brûlants
A son ventre bombé, fruit mûr, terre promise,
Mirage du passé, hantise du présent

Qui creuse chaque jour les rides de l’absence.
Chien perdu sans collier, il crie dans le silence
Sa solitude amère mais les gens de passage
Le croisent sans le voir, fantôme sans visage. 

Thérèse Massa

Dernière modification le mardi 17 Février 2015 à 17:02:50
Thérèse Massa

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